La peau

Seul organe vitale visible, la peau constitue une véritable barrière de protection contre les agressions extérieures. Imperméable, elle doit être capable de remplir ses fonctions sensorielles, thermorégulatrices, immunologiques et doit pouvoir maintenir la teneur en eau de l’organisme. Autant de propriétés qui démontrent la complexité et l’importance de la peau.

Avec le temps et amplifié par notre environnement, ainsi que notre mode de vie, il arrive que cette barrière soit altérée. La peau est moins efficace et rencontre des difficultés à se régénérer. Témoins du temps qui passe et de notre histoire, des marques apparaissent comme les signes du vieillissement, les cicatrices ou encore les vergetures.

Pour comprendre l’apparition de ces « empreintes » il faut revenir à la structure même de la peau, organe le plus étendu du corps humain…


FOCUS sur notre enveloppe corporelle

La peau est constituée de 3 couches :


L’hypoderme

Couche la plus profonde de la peau, est un tissu conjonctif graisseux constitué d'adipocytes (cellules graisseuses) regroupés en lobule.

Il joue le rôle de protection mécanique (amortit les chocs), de protection thermique (la graisse est un bon isolant) et enfin il constitue un réel réservoir énergétique en cas de besoin.

Le derme

Couche médiane de la peau, est composé d’une substance fondamentale (gel aqueux composé de macromolécules dont la plus connu est l’acide hyaluronique) dans lequel baignent les fibres de collagène et d’élastine apportant réciproquement fermeté et élasticité à la peau.

derme peauLe derme est aussi constitué par des cellules immunologiques, des vaisseaux sanguins et lymphatiques ainsi qu’un réseau nerveux.

Les cellules principales du derme sont les fibroblastes et sont à l’origine de la synthèse de la substance fondamentale, des fibres de collagène et d’élastine. Toutes les 3 à 6 semaines, le collagène se renouvelle, c’est la néocollagénèse.Constitué à 80% d’eau, le derme est le réservoir d’hydratation de la peau.

Véritable charpente, le derme apporte hydratation et nutrition par diffusion à la couche la plus externe de la peau : l’épiderme. Il possède également un rôle fondamental dans la thermorégulation et la cicatrisation de la peau.

L’épiderme

Couche superficielle de la peau qui recouvre le derme n’est irrigué par aucun vaisseau, est alimenté par diffusion depuis le derme et contient de nombreuses terminaisons nerveuses.

Il est composé de 4 couches superposées les unes aux autres : couche basale, couche épineuse, couche granuleuse et couche de cornée.

L’épiderme est constitué principalement de kératinocytes jouant un rôle fondamental pour la fonction de barrière évitant ainsi, la déshydratation et l’entrée de corps étrangers. Les kératinocytes produisent la kératine et un ciment lipidique qui assure la cohésion entre les cornéocytes (cellules issues de la différenciation des kératinocytes et formant la couche de cornée). Les cornéocytes contiennent des molécules hydrophiles, les NMFs (Natural Moisturizing Factors) donnant à l’épiderme sa capacité à fixer l'eau.

Si les kératinocytes sont majoritaires, l’épiderme renferme d’autres cellules présentes, certes en moins grande quantité, mais qui ont chacune un rôle spécifique et fondamental pour notre organisme : les cellules immunitaires de Langherans (captent les corps étrangers), les mélanocytes (cellules responsables de la pigmentation de la peau) et les cellules de Merkel qui ont un rôle dans la fonction du toucher.

L'épiderme se renouvelle tous les 28 jours environ par élimination des cellules mortes superficielles grâce au phénomène de desquamation.

Le film hydro-lipidique

Le film hydrolipidique produit par les glandes sébacées et glandes sudoripares (prennent racines toutes deux dans le derme et s’ouvre au niveau de l’épiderme) est une émulsion d'eau dans de l'huile qui recouvre la couche de cornée, composée de sueur et de sébum. Le film hydrolipidique assure l’étanchéité de la peau et empêche également la prolifération de bactérie pathogène grâce à sont pH légèrement acide.


Le vieillissement cutané est l’accumulation progressive de dommages qui apparaissent au niveau des tissus ainsi qu’une perte de la capacité à se régénérer. Les origines du vieillissement sont de deux types : génétique et épigénétique (stress, soleil, consommation d’alcool et de tabac, pollution, manque de sommeil et d’hydratation)

Après 20 ans, la peau commence à subir les conséquences du vieillissement naturel. Le renouvellement cellulaire diminue, par endroit des fibres de collagène se fragilisent et se détruisent plus vite qu’elles ne se reconstruisent ce qui induit localement des vides de matières. Les tissus cutanés s’affinent en commençant par le derme puis l’épiderme. Le vieillissement cutané est le résultat d’un processus lent, progressif, fonction de l’horloge biologique de chacun (nous ne sommes pas tous égaux face aux rides !) et accentué par des facteurs externes. La peau se déshydrate et les premiers signes du vieillissement apparaissent : peau sèche, relâchement cutanée, pertes de souplesse et d’élasticité, ridules, rides, teint terne, pores dilatées…



1) Déshydratation cutanée

La peau sèche et mature s’inscrit dans le processus de vieillissement cutané et peut également présenter les caractéristiques suivantes : rugosité, la peau se froisse quand on la pince, desquamations, inconfort avec sensation de démangeaisons. Les peaux sèches, normales, mixtes et grasses sont concernées par la déshydratation.

Au fil du temps, la peau produit moins de sébum et d’acide hyaluronique, deux substances essentielles pour fixer l’eau. Le film hydrolipique n’est plus apte à jouer son rôle de barrière, il ne limite plus l’évaporation de l’eau au niveau cutané. La peau est alors moins protégée des agressions extérieures, moins souple et moins hydratée.

Alors que la sensation de sécheresse s'intensifie avec l’âge, de petites ridules et des rides commencent à apparaître à la surface de la peau.

2) Ridules et rides

Les ridules et les rides sont les caractéristiques principales du vieillissement. Elles touchent en premier lieu le visage car constamment exposé puis le reste du corps. D’abord viennent les ridules, souvent signes de déshydratation (situées en surface) puis viennent les rides à proprement parlé. On distingue 2 types de rides : les rides d’expression et les rides dites statiques.

Les rides d’expression sont dues à la contraction répétée des muscles du visage. Sous la peau, une quarantaine de petits muscles se contractent et se relâchent constamment pour nous permettre de montrer nos émotions et d’être expressif. Les rides d’expression sont les rides transversales du front ; les rides du lion entre les sourcils et les plus connues, les rides de la patte-d’oie situé au niveau du coin externes des yeux. (photo)

Les rides statiques dues au relâchement cutané et à la gravité, augmentent avec l’exposition au soleil. Elles sont situées généralement au niveau du sillon nasogénien, du sillon labio-mentonnier, du cou et du décolleté. (photo)

Avec l’âge et lors de la ménopause pour les femmes, la fonction de barrière de l’épiderme est amoindrie occasionnant une perte d'hydratation, le taux d'œstrogènes chute fortement ralentissant la production de fibres de collagène et d'élastine. Le nombre de fibroblastes diminue entraînant une chute du nombre de fibres de collagène, d’élastine et d’acide hyaluronique et le milieu dermique se retrouve désorganisé. La structure de la peau perd son galbe et sa fermeté. La peau ne peut plus s’opposer aux effets de contractions des muscles sous-jacents, résultant en l’apparition des rides.

3) Relâchement cutané

Le deuxième signe de vieillissement est le relâchement cutané. La peau perd de sa tonicité et de sa fermeté. Les tissus se distendent et se relâchent conduisant un affaissement du visage notamment l’ovale, les paupières, les pores sont dilatés puis vient ensuite le cou et le décolleté.

4) Teint terne

Lorsque nous vieillissons, le teint paraît moins homogène, brouillé. En plus des facteurs externes comme les UV, la fatigue, la pollution et le tabac, la vascularisation du derme est ralentit. Les apports nutritifs, comme l’oxygène, diminuent fortement provoquant une diminution de la régénération cellulaire. La peau perd de son éclat et le teint devient pâle voir gris.

Acné, mauvaise chute, brûlure, opération chirurgicale… le derme est endommagé et la peau blessée. Vitale pour l’organisme, une cascade de mécanismes va alors se déclencher permettant la réparation et la régénération cutanée. Les cicatrices peuvent apparaître partout sur le corps et sur le visage. L’aspect final d’une cicatrice dépend de nombreux facteurs comme le type de peau, l’emplacement sur le corps et bien entendu l’âge.

Focus sur ces souvenirs dont on aimerait souvent voir disparaître.

Une cicatrice se forme lorsque le derme est endommagé. Le corps forme de nouvelles fibres de collagène et le nouveau tissu cicatriciel possède une texture, une composition et une fonctionnalité différente du tissu qu’il aura remplacé. Par exemple les glandes sudoripares (produisant la sueur) et les follicules pileux ne se forment pas sur les cicatrices.

Le processus de cicatrisation est composé de plusieurs phases :

- Saignement :

 Vasodilatation des vaisseaux permettant la fuite du plasma qui est très rapidement suivie      d’une vasoconstriction autour de la plaie pour stopper le saignement. Les plaquettes présentes dans le sang vont venir former un réseau et attirer la fibrine pour former un caillot. Le caillot permet de maintenir les berges de la plaie temporairement en place ; il protège la formation des nouveaux tissus en dessous.

- Phase inflammatoire :

La blessure arrête de saigner et une réaction inflammatoire se met en place pour éliminer les débris cellulaires et les microbes. Les leucocytes et macrophages arrivent des tissus voisin pour nettoyer la plaie, éliminer les tissus morts, les germes et bactéries. La réponse inflammatoire est augmentée ainsi que la prolifération des fibroblastes, donc la production de collagène générant la formation d’un tissu de granulation (croûte). Grâce à la réaction inflammatoire, la plaie est protégée contre les agressions extérieures.

- Angiogénèse :

Formation de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux sanguins préexistants.

- Phase de migration :

Le caillot sanguin devient une croûte à cause de la multiplication des filaments de fibrine. C'est le début de l'élaboration de la cicatrice. Sous la croûte, toutes les cellules de tissu conjonctif migrent vers le centre de la lésion. Les vaisseaux vont proliférer et se refaire.

- Phase de prolifération :

C'est la profusion massive de cellules, de vaisseaux sanguins et de fibres. Les fibroblastes migrent suivant le réseau de fibrine. Il y a ensuite une ré-épithélisation à partir des berges de la plaie provoquée par les fibroblastes. Certains fibroblastes deviennent des myofibroblastes provoquant de légères contractions afin de rapprocher les berges.

- Phase de maturation :

 La croûte tombe et la peau va retrouver ses différentes couches mais le réseau dermique est désorganisé. Le nombre de fibroblastes ainsi que le nombre de vaisseaux sanguins régressent laissant une cicatrice pâle.

Il existe différents types de cicatrices :

1) Cicatrices atrophiques qui sont des cicatrices en creux. Elles représentent la grande majorité des cicatrices. Exemples : acné, varicelles, après un bouton gratté, une blessure…

 Il y a 3 types de cicatrices d’acné :

- pic à glace : cicatrices profondes dont l’entrée est resserrée, formant un  « trou ».

- cicatrice déprimée à bords peu prononcés, formant «un carré ». Elles sont généralement présentes sur les temps et les joues.

- cicatrice déprimée à bords prononcés. Elles sont larges et donnent un aspect ondulé à la peau (photo).

 

2) Les cicatrices hypertrophiques ou cicatrices chéloïdes sont larges, rouges et boursoufflées. Elles sont dues à un excès de collagène dans le derme.

La cicatrisation varie d’un individu à un autre et dépend du type de peau, de l’âge, l’état du système immunitaire et du terrain génétique.

Prise de poids rapide, puberté, grossesses ou encore trop d’hormones dans le sang… Autant de causes qui provoquent l’apparition de ces marques disgracieuses violacées pour devenir blanches. Les vergetures touchent femmes et hommes et tous les types de peau, mais en revanche, nous ne sommes pas tous égaux face à ces zébrures !

Les vergetures se situent principalement au niveau des cuisses, des hanches, du ventre ou encore au niveau des bras. Lorsque la peau est soumise à une extension dépassant ses limites d’élasticité et de résistance (prise de poids rapides, grossesses...), les fibres élastiques et de collagènes du derme se cassent et la peau perd en élasticité et forme des micro-cicatrices.

Le deuxième facteur responsable de la formation des vergetures est hormonale dont le principal acteur est le cortisol. En effet, produite par les glandes surrénales, plus le taux de cortisol est élevé plus la production de fibres de collagène et d’élastine diminue. La peau perd de son élasticité et devient fragile lors de traction.

D’abord rouge violacée de nature inflammatoire puis elles deviennent blanches nacrées avec le temps. Le processus de formation des vergetures s’apparente à celui des cicatrices. La différence est que seul le derme est touché par le « traumatisme » alors que l’épiderme reste intact formant ainsi une petite dépression à la surface de la peau.